Une alternative à MusicBee qui ne se limite pas à Windows
Le problème de MusicBee, vu depuis une machine Linux ou Mac, c'est qu'il est excellent et qu'il n'est pas là. Cette page parle de ce qui se transpose vraiment et de ce qui ne se transpose pas.
Sous Arch ou NixOS ? Installe-le plutôt depuis l'AUR ou le flake Nix.
Ce que MusicBee fait bien
L'étendue. Il gère correctement une grande bibliothèque, s'occupe des listes automatiques et de l'automatisation de la file d'attente, se synchronise avec des baladeurs, fait les podcasts et la radio en ligne, convertit les formats, et se laisse habiller en quelque chose que tu aimes regarder. Il est gratuit, il est soigné, et pour beaucoup de gens c'est le dernier lecteur de musique qu'ils ont eu à installer.
Il tourne aussi sous Windows et nulle part ailleurs. Wine t'en donne une version, avec la réserve habituelle : ça marche jusqu'à ce qu'une mise à jour en décide autrement.
Ce que rox ne fait pas
On commence par là, parce que c'est la partie qui tranche la question pour beaucoup de gens, et que l'enterrer te ferait perdre du temps.
- Pas de synchronisation d'appareils. Si tu transfères de la musique vers un téléphone ou un baladeur depuis ton lecteur, rox n'a strictement rien à proposer.
- Pas de podcasts ni de radio en ligne. rox lit les fichiers de ton disque.
- Pas d'API de plugins. Ce que tu aurais résolu avec une extension doit déjà exister.
- La conversion demande ffmpeg. rox convertit entre formats, mais il pilote un ffmpeg que tu as installé au lieu d'embarquer son propre encodeur, et il ne réencode pas en route vers un appareil puisqu'il n'y a pas de synchronisation qui le demanderait.
Quatre points réels, et la liste n'a pas été gonflée pour avoir l'air honnête. Si deux d'entre eux font partie de ta façon d'utiliser un lecteur, arrête-toi ici.
Ce qui se transpose, et ce qu'on y gagne
La bibliothèque tient le coup à la taille qu'atteignent généralement les utilisateurs de MusicBee. Un scanner parallèle lit les tags complets, les durées réelles et le codec, la fréquence et la profondeur propres à chaque fichier plutôt que de survoler les en-têtes, et les fichiers aux tags illisibles sont indexés par nom de fichier au lieu de disparaître en silence. L'édition de tags est un vrai éditeur, avec modifications par lots, une grille par fichier, et un chemin d'écriture qui copie et vérifie au lieu de modifier les originaux sur place.
L'interface est la plus grosse différence. MusicBee te donne une bonne disposition et un peu de personnalisation ; rox te donne une quarantaine de types de panneaux que tu disposes toi-même, dupliques avec leurs propres configurations et détaches dans de vraies fenêtres système. Toute une apparence tient dans un fichier portant disposition, palette et apparence, ce qui veut dire que l'agencement sur lequel tu t'arrêtes est quelque chose que tu peux transmettre, ou emporter sur ton autre machine, plutôt que quelque chose qui vit sur une seule installation.
Les listes automatiques se transposent. Une playlist intelligente dans rox est une requête enregistrée écrite dans la syntaxe du champ de recherche, avec tri et plafond facultatifs, et elle est réévaluée à chaque rafraîchissement du panneau au lieu de figer un instantané périmé. L'éditeur montre en direct ce que la requête capte pendant que tu la tapes, tu découvres donc que tu as écrit la mauvaise règle avant de l'enregistrer sous un nom.
L'automatisation de la file d'attente est là aussi : rox remplit la file quand elle se vide, depuis ton ordre de navigation, depuis les pistes que tu remets toujours à plus tard, ou selon la sonorité de la piste en cours. Ce dernier point vient de l'analyse de tes fichiers sur ta propre machine, il fonctionne donc sur une bibliothèque dont rien sur Internet n'a jamais entendu parler.
La question de la taille
MusicBee n'est pas dans ce tableau, parce que les mesures ont été faites sous Linux, où il ne tourne pas. Il est là comme réponse à « est-ce que l'alternative s'écroule à la taille de ma bibliothèque », mesurée sur 50 000 pistes.
| Lecteur | Fenêtre affichée | Entièrement chargé | Mémoire | CPU au repos |
|---|---|---|---|---|
| rox | 0,3 s | 2,3 s | 134 MB | 0,5 % |
| Elisa | 0,7 s | ne se stabilise jamais | 206 MB | 74 % |
| fooyin | 0,3 s | 18 s | 364 MB | 0 % |
| Quod Libet | - | 19 s | 384 MB | 0,2 % |
| Strawberry | 0,3 s | 32 s | 434 MB | 0,8 % |
| Museeks | - | 3 s | 436 MB | 0 % |
| Tauon | 8,7 s | 12 s | 2,8 GB | 0 % |
J'ai mesuré tout cela moi-même, sur une seule machine (Ryzen 9 5950X, Linux/Wayland), avec la même bibliothèque de 50 000 pistes sur un SSD externe, chaque lecteur passé dans le même banc d'essai avec sa bibliothèque chargée. La mémoire est le PSS sur l'ensemble de l'arbre de processus. « Chargé » signifie que le CPU s'est stabilisé après le lancement ; le repos, c'est un lecteur en pause avec la fenêtre visible.
Le verdict honnête
Tu restes sous Windows avec une installation MusicBee qui synchronise ton téléphone et l'alimente en podcasts ? Rien ici ne remplace ça, et changer te coûterait deux fonctions dont rox n'a aucune version.
Tu passes à Linux ou sur un Mac, ou tu y es déjà et tu regardes le vide laissé par MusicBee ? C'est toute la raison d'être de ceci, et les termes de l'échange sont précis : tu abandonnes la synchronisation et les podcasts, et tu obtiens un lecteur natif avec un tagage plus profond, une disposition que tu construis toi-même, et une bibliothèque qui reste rapide à cinquante mille pistes.
Détacher un panneau dans sa propre fenêtre système, ou transmettre toute ta disposition sous forme d'un fichier, ne sont pas des lignes d'un tableau comparatif parce qu'il n'y a rien en face à quoi les comparer. Si c'est ce que tu cherchais, c'est chez rox que ça se passe.
Mets-le à l'épreuve de ta propre bibliothèque
Libre et open source sous AGPL, sans compte et sans installeur. Il y a aussi une comparaison avec Foobar2000, si c'est vraiment la configuration que tu quittes.
Sous Arch ou NixOS ? Installe-le plutôt depuis l'AUR ou le flake Nix.